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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 17:11

Le Nouvel Obs consacre une page (1) au « Rire sous Hitler »  à propos d’un livre intitulé Rire et Résistance sous le III Reich (2). La lecture de l’entretien avec l’auteur est édifiante. On y apprend –a contrario du titre-  que l’humour n’était pas une forme de résistance. « Non, c’est le contraire. C’était une soupape de sûreté, et c’est pour ça que le régime laissait faire (…) L’humour n’aidait pas à résister, mais à supporter. » L’auteur reconnaît quand même qu’à partir des premières défaites –donc de la guerre- le régime s’est durci vis-à-vis des « blagues ». Question : « Une de vos conclusions les plus étonnantes, c’est que le peuple allemand, dans son ensemble, connaissait l’existence des camps » et l’auteur de répondre par une blague sur Dachau datant de 1936. Rappelons que ce n’est pas l’existence des camps dont on dit qu’elle n’était pas connue, mais celle de l’extermination ; qu’en 1936, il n’était pas question d’extermination, même si les arrestations d’opposants et de juifs n’avaient pas cessé depuis 1933. L’existence de Dachau a été annoncée officiellement par le gouvernement hitlérien par la voix d’Himmler le 2 mars 1933 et les premiers prisonniers politiques (notamment des communistes) y furent internés le lendemain. Les hitlériens l’ont fait largement savoir. Tout le monde savait puisque des magazines y consacrèrent même des articles et des reportages.

La confusion entre la connaissance de l’existence des camps et la connaissance de l’extermination est surtout source de confusion.

 

(1)  Numéro 2545, daté du 15 août 2013

(2)  Rire et Résistance sous le III Reich, par Rudolph Herzog, traduit de l’allemand par Robert Darquenne, Michalon, 304 p, 23 euros.

 

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Published by jacky-c-frenezye
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